Poésie : prises alternatives

Un journal de travail, par Samuel Rochery

lundi 4 juin 2018

HdC - Les poèmes stars 80 format CD-R


Auto-édition de Les poèmes stars 80 d'Audrey Macintosh, CD-R de marque TDK, bleu. CD audio enregistré à partir des fichiers AIFF.







Hypomusique de Chambre - Berceuses format CD-R



Auto-édition de African Lullabies (2012) sur CD-R de marque Maxell, impression de la pochette sur papier kraft + liste des crédits. CD Audio enregistré à partir des fichiers AIFF.







mercredi 25 avril 2018

@ Poésie Omertà Magazine !



Un article de Bertrand Choiseul, à propos de Vient de paraître un livre performant, paru dans Poésie Omertà Magazine, numéro d'avril 2018 ! Le top des magazines de critique en matière de poésie ! Merci Bébert !



lundi 2 avril 2018

No fun house



A) FUN HOUSE

1. Bienvenue à la maison de la poésie.
2. Nous voulons fonder la communauté.
3. Nous voulons ouvrir le restaurant.
4. Nous n’aimons pas les vers solitaires.
5. Nous nous battons contre la malbouffe des solitaires.
6. Venez nombreux.
7. Tuez le poète solitaire en vous.
8. Tuez le vers solitaire en vous.
9. Venez goûter nos poèmes oniriques et vegan.
10. Venez goûter nos poèmes bio.
11. Ce sont les poèmes vrais de la communauté.
12. Nous voulons ouvrir le restaurant de la vraie poésie.
13. Les vers solitaires ne sont pas les bienvenus.
14. Nous avons poétiquement décrété l’état d’urgence.






B) BAD HOUSES

Ce soir je vais à la maison de la poésie. 

Pourvu que ce soit la bonne maison. 
Ce soir j’ai rendez-vous à la maison de la poésie. 
Pourvu que je ne rencontre pas de poètes. 
Ce soir c’est soirée disco à la maison de la poésie. 
J’espère y trouver le disque que je cherchais. 
Vous êtes dans la mauvaise maison de la poésie. 
Vous avez ouvert la mauvaise porte de la mauvaise maison de la poésie. 
La soirée s’est mal terminée et vous êtes sorti et vous sentiez mauvais. 
Pour rentrer chez vous, vous avez repris le mauvais bus. 
Le trajet puait la poésie. 
Vous avez pris la mauvaise ligne dans la mauvaise strophe. 
Vous êtes rentré à la mauvaise maison de chez vous, comme d’habitude. 





dimanche 1 avril 2018

Je m'installe : poème


Attention, 
attention: 
poésie.

"Projet d’installation 
éphémère autour 
de l’idée de 
territorialité comprise 
comme ontogenèse 
à la fois 
fluo 
&
écologique 
dans l’espace 
des réciprocités politiques 
du Nous des feuilles 
et de l’intime néo-statique 
de l’humus, 
pour un rapprochement des orteils invisibles 
dans l'apparition de ce qui apparaît." 

A moins que 
ce ne soit 
qu'une simili-querelle un peu 
poussive, supposée, 
entre bottes, 
carrelage, 
brindilles et balles 
de ping-pong - lesquels 
ne t'ont rien demandé. 

Auquel cas, ce sont bien des photos 
et c’est très bien comme ça.





dimanche 11 mars 2018

Parution @Vanloo


En attendant Label Ventriloquie au Quartanier : un petit livre fait avec Christophe Boursault, à découvrir au Salon de Paris à partir du 16 mars (Vanloo - Rue des éditeurs - Stand PACA) ! Un livre de poésie ET de coloriage, dont j’avais l’idée depuis un moment, en me disant qu’aucun éditeur français ne conviendrait. Faux ! Bravo aux éditions Vanloo. Joie, aussi, d’être aux côtés de Simon Brown (Outre-flaques) !

https://www.editionsvanloo.fr/nos-livres/collection-oneshot/vient-de-paraître/




























Photos ©Vanloo



mardi 16 janvier 2018

Poètes de France and from Navarre !


"Poètes de France and from Navarre, vous trouviez que cet auteur ne parlait déjà pas votre langue ? C'est le moment d'aller vérifier ! Vous ne serez pas déçus ! Je crois même que vous y trouverez une nouvelle bonne raison de ne pas le lire et de ne surtout pas en parler ! C'est pas beau ça, un auteur qui vous mâche tout le travail ?" -- Francky Framboise


http://www.wordswithoutborders.org/dispatches/article/the-translator-relay-samuel-rochery-jessie-chaffee




lundi 4 décembre 2017

Ma radiation



Je n'en mène pas large.







































samedi 28 octobre 2017

La voix est le dernier de mes soucis


"C'est une fatigue vocale".





Making-of :


mardi 12 septembre 2017

En lisant Sphinx mon contour, de Maude Pilon et Simon Brown



« La poésie dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit » : tout poète bien éduqué n’a que cette formule à la bouche, quitte à oublier que la poésie risque de louper toutes ses possibilités d’inadvertance comme ses promesses de belle infidélité à la chose admise, sanctifiée, chouchoutée, fanée (entretenue par les fans de poésie à la pointe). Par chance, ces possibilités d’inadvertance, Sphinx mon contour les ouvre et les investit à toutes les pages (la question du contour). La forme du livre est généralement interrogative, aussi interrogative que peut l’être une question qui répond au désir d’avancer, et de ne pas s'installer à partir d'une formule. Les réponses sont peut-être là où les formes ne correspondent pas du tout à des réponses. Et l’imprévisibilité d’une forme, quelle qu’elle soit, ne se la pète pas. Son impression opère même à retardement, quand on a fini le livre. Il peut arriver, ailleurs, qu’une certaine bigoterie expérimentale travaille assidument à faire passer le convenu chiant pour son contraire. L’Imprévisible faisant loi ou école fanée (entretenue par les fans de poésie à la pointe), on ne voit plus bien ce qui l’est, imprévisible, en fait : c’est juste devenu une marotte poétique, voire un métier, ou une succursale du fonctionnariat - absolument tout est magnifique, inouï, nouveau, à s'y méprendre ! Et c’est à croire que tout le monde y croit, des poètes aux chroniqueurs de poésie : il faut que la poésie soit médiatique. Les problèmes de poésie, mettons-les un peu de côté pour plaire. Ce que ne font heureusement PAS Maude Pilon et Simon Brown. Voilà un livre dont la figure centrale est justement la Question en personne. Volaille irritable, la poésie, elle en a marre, elle te file une bonne grosse statue de sphinx-faucon interrogative à la place du vent qui ouvre sur partout. Dans le contexte : un hiéracosphinx (sphinx à forme de faucon, donc) trouvé sur l’île Jésus (île fluviale québécoise, située au nord de l'île de Montréal), pris de dos, de face, des deux profils. Là. Tu n’as plus la place d’être poète ! Plus de formules, du vent les bigoteries lyrique et formaliste apprises. C’est fini. Il faut se lancer ailleurs.

Ô perte bienveillante
Ô billet de loto froissé, très en l’air
Par pénétration bienveillante
tu t’échappes, très propre
en l’air tu échappes
à la propriété

Alors, si on se mettait à faire autre chose que de la poésie juste à côté de la poésie ? Le contexte est le suivant : propriété privée ou pas, on n’entre pas dans un domaine appelé Lapoésie (d’ailleurs, comme disait l’autre, elle n’existe pas) - sauf à donner dans le poétique, sa prévisible imprévisibilité (les émotions émotives), où il n’y a plus vraiment lieu de « faire ce qu’on dit comme on dit ce qu’on fait », puisqu’on est déjà poète qui a de l’émotion à communiquer-performer, de toutes façons (et des émois très politiques, bien sûr). La formule est l’otage d’un chantage à la sincérité : « si tu ne crois pas en ce que je dis et ce que je fais du fond de mes tripes, t’es vraiment insensible, t’es pas humain». Et le tour est joué. N’empêche que cette fameuse formule, il faut encore jouer avec elle : contour, contour. Ne pas la sanctifier aussi facilement. Voilà un passage où l’empêchement à faire, assumé, conduit à expliciter-écrire des rapports autrement contagieux, sans rien dire. Où passe l’explicitation ? En douce, juste à côté de la poésie, dans l’empêchement, assez libérateur, de poésie, en autrement poignant que de l’émotion (qui n’a jamais rien eu de spécialement poétique en soi, sauf erreur), p. 44-51 :

entre la berge du sphinx et la berge Léonard-Ethier, l'idée de propriété privée nous empêche ; entre la berge Léonard-Ethier et le pont du Vieux-Terrebonne, l'idée de la propriété privée nous empêche ; entre le pont du Vieux-terrebonne et le coin Mille-Iles et Duguay, l'idée de propriété privée nous empêche ; entre le coin Mille-Iles et Duguay et le pont ferroviaire vers Terrebonne, l'idée de propriété privée nous empêche ; entre le pont ferroviaire vers Terrebonne et la berge face au 8000 Mille-Iles, l'idée de la propriété privée nous empêche ; (...) entre la berge face à la ferme de la rue Maurice et la berge du sphinx, l'idée de la propriété privée nous empêche. 

Des 8 pages du texte que je viens de recopier, je ne donne qu'un maigre aperçu tronqué : il vaut beaucoup mieux aller lire Sphinx mon contour par soi-même, qui en vaut le contour. Paru en mars 2017 aux éditions Verticale - centre d'artistes, Sphinx mon contour est présenté à cette adresse par ses auteurs, Maude Pilon et Simon Brown :
http://verticale.ca/programmes/simon-brown-et-maude-pilon-sans-titre-circonference-83-km/publication-sphinx-mon-contour/

Le livre m'a été envoyé par Simon Brown, qui a pris soin de l'envelopper dans un carton de bouteille de Schweppes :