Poésie : prises alternatives

Un journal de travail, par Samuel Rochery

lundi 27 mars 2017

Résidence et creative writing, l'expérience de Francky Framboise


Chers lecteurs et -trices, l'expérience de Francky Framboise :

Aujourd’hui, je dois reconnaître que si t’es pas en résidence d’écriture et si tu n’as pas participé à des ateliers de Creative Writing qui t’apprennent à écrire, c’est très difficile de savoir où tu vas dans la littérature : ça ne fait aucun doute. J’ai donc pris le taureau par les cornes assez tôt dans ma vie d’écrivain. Ainsi, je suis actuellement en résidence d’écriture chez moi, grâce à la DRAC de ma cuisine, la FRAC de ma chambre, et le Conseil Régional de mon salon. Niveau préparation de dossier, ce n’est pas très chronophage. 


Auparavant j’ai participé aux séances de Creative Writing de mes lectures de livre et relectures de livre, crayon en main : c’était gratuit, ça l’est toujours, et, scoop, ça existe depuis toujours ! Lors de ces séances gratuites, on apprend à créer sa propre méthode, à commencer par sa méthode de creative writing (qui peut évidemment se muer en non-creative writing, anti-novel writing, non-poetic writing, writing is my life, no more writers in this fucking world, etc., etc..) dans tous les cas : curiosité, initiative, autonomie. Exactement ce qu’on apprend chez un professeur de creative writing, me direz-vous. Sauf que là ben c’est gratuit. Vous êtes gratuits, en fait. ça ne veut pas dire que vous serez la « proie » du premier professeur de creative writing qui tentera de vous vamper, ou bien que « le métier d’écrivain » soit la seule voie pour exercer ce métier. Ecrire, c’est beaucoup plus ouvert que ça quand même. Mais ça veut surtout dire que vous n’avez pas besoin de vous acheter vous-mêmes (logiquement parlant) en prenant le détour d’un cours payant de creative writing ! Hé, écrire, ça s’apprend ! Ces séances gratuites vous apprennent donc à faire des économies, pour parler trivialement. Le seul argent vraiment dépensé, c’est dans les livres eux-mêmes, un ordi, des stylos, des tickets de bus pour être toujours en contact avec ses amis, échanger des livres et en parler. On l’aura compris, la question d’ordre « trivial » est indisociablement liée à celle de la qualité du jugement qui vous permettra de passer à côté de certains livres non-nécessaires. C’est vieux comme le monde. Aussi vieux que la discussion entre amis (ou non-amis), qui vous permet d’affiner votre jugement et vous remettre en question. Pourquoi se priver du seul métier qui a l’avantage de ne pas en être un ? Bien. 


Lors de ma résidence du moment, il m’est venu une idée : inviter des amis écrivains en résidence pour qu’on compare nos résidences respectives et voir ce qu’il y a à améliorer en commun. Le thème de ma prochaine rencontre pourrait s’appeler : « Réalisme, utopisme : pour ou contre les rideaux aux fenêtres de votre chambre ? ». La vie Littéraire, pardi ! (Et non, je ne vous ferai pas le coup de « la vie, la vraie » !)

Francky Framboise, extrait d'un entretien accordé à la revue Qu'est-ce que tu fous là ?, numéro de mars 2017