Poésie : prises alternatives

Un journal de travail, par Samuel Rochery

dimanche 8 octobre 2017

En lisant deux morceaux du journal (extraits) de Christian Prigent



Lecture du Journal de Christian Prigent, dont quelques extraits sont exceptionnellement parus aux éditions Sitaudis :

«La médiocrité littéraire» (la littérature non nulle, la littérature dite «de qualité», le «demi-monde» littéraire), il en faut : pas de «vie littéraire» sans elle. Le problème, c'est qu'elle confisque un peu partout l'idée même de littérature. Qu'il existe autre chose, que la littérature soit autre chose que ces demi-mesures stylisées, et que cette autre chose soit désirable et partageable devient alors un point de vue difficile à défendre.

<Lecture avec mon stylo > Le propre de la demi-mesure stylisée, parfaitement au courant de la chose intéressante (et toujours à la traîne, aux basques, de la chose, telle une « groupie »), c’est justement d’exceller, paradoxalement, dans une grandiloquence des relais de la médiocrité (ce qu’on appelle aujourd'hui la « critique » - ie : la chronique des copains bien placés dans les institutions, journaux, médias en général, liés par le même sang de médiocrité): "cet ouvrage est inouï, c’est un ovni, etc., etc," : évidemment !) . L’idée de littérature est plus que confisquée : il faut qu’elle soit à tout jamais intouchable, atermoyée ou toujours déjà passée (nostalgisée), pour que règne excellemment pépère la demi-mesure. Imagine-t-on le règne d’une armée de ninjas, dont l’idée royale est de se fondre dans tous les murs pour les faire exploser ?  


Peut-il encore exister des éditeurs qui aient la volonté de constituer un fond, exploitable dans le long temps de l'Histoire à venir ? qui parient, donc, sur le fait que quelques-uns des ouvrages «expérimentaux» qu'ils publient trouveront un jour un public puis deviendront des «classiques» ? qui envisagent d'accumuler ainsi un capital à la fois symbolique et monétaire ?

Alors là, une réponse, je crois : "oui, les éditions Le Quartanier".